
En été 1377 aux alentours de la future ville (à 8 Km vers le sud-est) près du confluent des rivières Piana et Para la bataille de Piana a eu lieu. Au début du XVIIe siècle il y avait des maisons en bois sur la haute rive de l’affluent de Piana, leurs propriétaires cultivaient des céréales et produisaient du potassium. Une légende rapporte qu’avant le village il existait une chapelle de Serguy Radonejsky. Le village a hérité le nom de la chapelle et a été nommée Serguéyevka ou Serguiyevka. Or il y a une autre légende qui explique ainsi le nom de la ville : le premier habitant du village portait une boucle d’oreille (« sergua » en russe), c’est pourquoi il a été surnommé Sergua, par la suite cette surnom a été répété dans le nom de la ville.
Le premier document qui évoque Sergatch en tant qu’un village remonte à 1649, c’est un ordre écrit par le boyard Boris Ivanovitch Morozov. Depuis ce temps Sergatch est souvent mentionné dans des documents, parfois en tant qu’un village. Il existe des preuves que certains habitants de Sergatch ont joint les bandes de Stépane Razine et de Yeméliane Pougatchov.
Depuis 1779 Sergatch est considéré comme ville et le 16 août 1781 elle a reçu un blason officiel : un ours noir sur le fond d’or ce qui signifie qu’il y avait beaucoup d’ours dans les bois autour de la ville.
A l’époque Sergatch était renommé grâce au potassium pas cher, aux souliers en écorce du bouleau (des « laptis »), et aux ours dressés. Jusqu’au début du XXe siècle les habitants de la ville et de plus de 30 villages de district dressaient les ours et parcouraient avec eux tout le pays. Ils allaient même à l’étranger : en Pologne, en Tchéquie, en Allemagne, en France et en Italie. Les ours dressés savaient danser sous l’accompagnement de tambour, faire la manche en se promenant debout, marcher avec un fusil en bois, mimer des gamins qui volent des pois dans un jardin ou un marchant ivre. On raconte que pendant la guerre de 1812 à Sergatch sur la place de Marché on pouvait admirer une marche des « troupes militaires» des ours dressés soi-disant pour combattre l’armée de Napoléon. En plus on attribuait à l’ours la capacité de guérir. Pour la guérison il fallait s’allonger par terre et laisser un ours s’allonger aussi pour couvrir le corps de l’homme. Le poète russe Nekrassov évoque ce moyen curatif dans son poème Moroze au nez rouge.
Tous les habitants de Sergatch savaient faire des « laptis » - des souliers en écorce du bouleau. Les vieux et les jeunes, les hommes et les femmes, les enfants et les adultes – tous étaient sans rivaux dans le savoir-faire de la fabrication des laptis de toutes sortes. Des chariots surchargés de laptis partaient de Sergatch aux marchés voisins et à la foire de Nijni Novgorod.