
Les anciens habitants appellent le lac Pyra “une perle sertie de forêt”. Situé à 2 km du village Pyra, il est l`un des plus grands dans la région de Nijni Novgorod. Des centaines des mordus de la pêche y viennent tenter leur chance. Jusqu`en 1764, le lac appartenait au monastère Amvrossiev-Doudine, depuis son abolition, le lac est de la compétence d`état.
Ce n`est pas l`effet du hasard que les terres de Tchernoretchié sont devenues le pôle d`attraction des vieux croyants “staroobriadtsy”. Le district rural que 50 km d`une forêt épaisse, des marais et des lieux déserts séparaient du chef-lieu Balakhna, vivait d`après ses propres lois non écrites. Les sectes du vieux rite se sentaient en sécurité complète dans les villages Tchernoïé, Jelnino, Babino, Babouchkino, dans les districts Myssovskaïa, Gnilitskaïa. Il y en avait de toutes sortes: popovtsy, bespopovtsy, samokrestchéntsy, pomory, bégouny.
Le fait intéressant que parmi les sectateurs il n`y avait pas de pauvres. Chaque année, les staroobriadtsy de Tchernoretchié allaient à Astrakhan dans leurs bateaux chargés de toiles et d` engins de pêche. Ils pêchaient à la mer Caspienne, à Astrakhan, à Saliansk. Beaucoup avaient leurs propres bateaux à voile et transportaient le blé de la basse à la haute Volga. Cela leur permettait aussi d`amener à Tchernoretchié leurs coreligionnaires étant en fuite: moines, popes et autres. Les schismatiques étaient en correspondance avec leurs compartiotes via ces navigateurs – marchands. Ils s`écrivaient des lettres dans les langues spéciales, incompréhensibles pour les étrangers à leur secte. Le courrier de haute importance était envoyé par exprès par les postes spéciales. L`une de ces postes se trouvait autrefois à Jelnino. D`ici, circulaient les lettres entre les districts voisins, les régions Vladimirskaïa, Kostromskaïa, Astrakhan et Rybinsk.
Les hommes-staroobriadtsy avaient toujours une barbe, ils ne fumaient ni buvaient d`alcool, il leur était interdit de manger à la même table avec les hétérodoxes. Les femmes portaient des sarafans noirs, se coiffaient la tête avec un foulard dont les bouts descendaient sur le dos. Le signe de toute maison des staroobriadtsy était accroché au-dessus des portes: une croix octogonale ou une image sainte. La maison elle-même était toujours impécable en matière de l`ordre. Les fêtes bruyantes, les noces joyeuses n`étaient pas acceptées. Il n`était pas rare que les jeunes se mariaient secrètement pour éviter toutes dépenses. La vie familiale se caractérisait par la cachotterie et la froideur relative des relations entre les proches.
Les staroobriadtsy étaient plus instruits que les adeptes du nouveau rite. Ils aimaient les livres anciens, les gardaient et les recopiaient. Leur instruction leur permettait de faire du commerce, de l’artisanat. Il est connu qu’un marchand nijégorodien sur trois était vieux croyant (staroobriadets).