

Sur la route Moscou - Divéévo s’étend une ville légendaire Arzamas. Dans cette ville tout est l’histoire, tout est l’esprit orthodoxe.
Arzamas fondé à l’emplacement de la colonie mordve est pour la première fois mentionné dans les chroniques du XIV-e siècle, au début du XVI-e siècle on en parle comme d’une ville. L’année de 1578 est considéré comme la date de naissance d’Arzamas. D’après la légende il a été nommé Arzamas par le tsar Ivan le Terrible en l’honneur des princes mordves Arzaï et Massaï qui avaient humblement accueilli le tsar russe lors de sa campagne de Kazan. Cette légende est prouvée par l’existence des portes de la ville-forteresse dénommées Nastassiny (“de Nastassia” , du nom de la première femme du tsar). Le tsar de Moscou a imposé aux Mordves le christianisme et a fondé le premier monastère orthodoxe pour hommes, en lui confiant la mission du baptême.

C’est sur le territoire du monastère qu’en 1638 – 1643 l’un des premiers bâtiments en pierre a été érigé, celui de la cathédrale Spasso-Préobrajénski (de la Transfiguration du Sauveur). Cette cathédrale remarquable a survécu dans les siècles et subsiste de nos jours. A la base de sa composition architecturale est un rectangle traditionnel couronné de cinq coupoles avec une abside à trois parties. Le décor extérieur est modeste, mais expressif: l’ornement le plus beau est la ceinture en arcs et colonnes des tympans qui rend le monument austère plus élégant. L’association de la simplicité rigoureuse et de la monumentalité singulière de l’édifice produit l’impression la plus forte. Nul ne pourra rester froid et indifférent envers les monuments remarquables créés grâce au travail et aux prières de nos ancêtres. Beaucoup sont ceux qui étaient éblouis par la ville. Ainsi l’écrivain russe célèbre P.Melnikov-Pétcherski après avoir visité Arzamas dans les années 30 du XIX-e siècle s'est exclamé: “En Russie il y a peu de villes provinciales pareilles à Arzamas d’après la position si favorable et la beauté incomparable.” Konstantine Paoustovski, un autre écrivain russe, qui a séjourné à Arzamas en 1916 a dit: “Où qu’on regarde, partout on voit l’abondance des coupoles dorées pareilles aux pommes, on dirait que la ville est brodée en or par les mains habiles des brodeuses.” Certes, l’Arzamas moderne est un peu autre. Mais l’esprit ancien survécu dans des décennies inspire la ville qui, tout comme Kitej, attend son heure de rennaissance.

En Russie, Arzamas est connu comme le lieu de production d’une variété d’oignon, d’une race d’oie et d’artisanats différents: la broderie d’or, la foulerie. Il est curieux de savoir qu’au début du XIX-e siècle, le club littéraire de la capitale qui comptait parmi ses membres Alexandre Pouchkine et V.Zhoukovski s’appelait aussi “Arzamas”, peut-être grâce au fait qu’on servait de l’oie d’Arzamas rôtie lors de ses réunions. Dès le XVII-e siècle Arzamas est connu comme le centre d’un grand district et une grande ville de commerce. Au début du siècle suivant, il s'égale à Nijni Novgorod en nombre d’habitants. Avant la révolution sa population compte 20 mille personnes. On y construit beaucoup, surtout des édifices religieux, ainsi dans le dernier quart du XVIII-e siècle on y érige 17 édifices en pierre peints avec art. Au total la ville dispose jusqu’au 1917 de 36 églises et de 4 monastères.

Parmi les monuments d’architecture religieuse et civile du XVII – XIX siècles, se distingue par sa rare singularité la Cathédrale Voskressenski (de la Résurrection) construite en 1814-1842 d’après le projet de l’académicien M.Korinfski, originaire d’Arzamas. En 1802, à Arzamas ouvre la première école des Beaux arts dirigée par l’académicien de peinture A.Stoupine. Son élève le plus célèbre est V.Pérov. Dans les époques différentes, beaucoup de célébrités visitent la ville, y compris A.Pouchkine, L.Tolstoï, P.Melnikov-Pétcherski, V.Korolenko (le dernier a écrit un essai sur Arzamas “Petite ville de Dieu”). En 1902, M.Gorki y passe son exil. L’écrivain A.Gaïdar vit à Arzamas dans son enfance.
Autrefois, dix routes de commerce vers la foire de Makariev et la foire de Nijni Novgorod passaient par Arzamas. Les marchands d’Arzamas étaient des fournisseurs essentiels de l’youfte blanc et rouge (sorte de cuir de Russie) et de la fourrure de haute qualité. Outre les marchands russes, les marchands perces, turques et indiens venaient à Arzamas.

Le restaurateur connu N.Pomérantsev a écrit: “En matière de l’architecture religieuse, Arzamas est une ville où au XVIII-XIX siècles on y érigeait des édifices d’envergure de la capitale à côté desquels même les églises de Moscou de l’époque nous semblent provinciales”.
La construction du chemin de fer en 1901-1924 a impulsé le développement de la ville. A l’époque soviétique à Arzamas on voit apparaître des usines de constructions mécaniques - sous-traitant de l’usine de GAZ qui produisent des voitures pour les équipements et services urbains, pour l’encaissement, des voitures de transport blindées et aussi l’entreprise de construction d'appareils, la fabrique de la chaussure et la confiserie. En 1954-1957, Arzamas a été le centre du district Arzamasski, de nos jours ce district n’existe plus, mais Arzamas reste tout de même la ville la plus importante de la partie sud de la région de Nijni Novgorod.
Étant la troisième ville dans la région de Nijni Novgorod à l’échelle dimensionnelle, Arzamas tient la deuxième place après Nijni Novgorod comme centre culturel. Il dispose de quatre musées, trois théâtres, un lycée professionnel de musique, il y a près de trente monuments d’histoire et d’architecture que vous pouvez voir lors de votre visite de la ville. Outre cela, à Arzamas il y a huit écoles supérieures et huit écoles professionnelles, ce qui permet aux jeunes gens d’acquérir des diplômes de presque trente spécialisations sans quitter la ville.

De nos jours à Arzamas, on réalise le programme “Coupoles d’Arzamas” qui est unique pour la Russie. On effectue à la fois les travaux de restauration de dix édifices orthodoxes avec le financement des ressources de bienfaisance et des dons des citoyens. Actuellement, on a déjà restauré les façades de sept églises, dans quatre édifices rénovés passent des offices. La reconstruction des édifices endommagés, ce n’est que la première étape dans la réalisation du programme. Un autre événement important est l’ouverture du lycée orthodoxe et de la faculté de théologie à l’Université Pédagogique d’Arzamas.
En 2004, on a inauguré des plaques commémoratives au Patriarche de Moscou et de toute la Russie Sergui Stragorodski, originaire d’Arzamas. On a le projet d’ériger le monument à l’occasion de ses 140 ans sur la place de la ville qui porte son nom. Ce projet a reçu la bénédiction du Patriarche de Moscou et de toute la Russie Alexi II. On projette aussi de créer un séminaire et un atelier de restauration.