
Pour tirer le plus grand profit de la visite de la ville, il vaut la commencer par le centre historique, la place Sobornaïa. Sur cette place vous voyez la magistrature (bâtiment 2) construite dans la deuxième moitié du XVIII-e siècle qui était une collectivité administrative instituée sur ordre de Pierre le Grand. Selon les recommandations de la loi de 1721, elle a été construite sur la place centrale. Le rez-de-chausée était donné à bail pour les raisons d’économie. Le bâtiment est agrémenté de quelques décors baroques: colonnes et corniches. Ce bâtiment n’a jamais été reconstruit, ce qui le rend vraiment exemplaire.
La Cathédrale Voskressenski (de la Résurrection) dont la construction a duré 28 ans (1814-1842) est un enchantement qui pourrait faire le bonheur de la capitale. Son architecte M.Korinfski a su ériger une cathédrale majestueuse en l’honneur de la victoire de la guerre 1812. L’édifice à cinq coupoles construit sur une grande colline au bord de la rivière Técha domine l’horizon, il occupe une place prépondérante dans le visage de la ville et se manifeste comme son symbole. De grands porches ioniques à huit colonnes inspirent les idées de la majesté et du calme. La cathédrale est agrémentée de la peinture faite par l`académicien A.Stoupine et ses élèves.

A côté de la cathédrale, vous voyez l`église de la Source vivifiante (1794). Cette place abrite aussi l`ensemble du monastère pour femmes Nikolski (St Nicolas). Par le passé, il était surtout réputé pour la broderie d`or et les ouvrages des sœurs étaient vendus en Grèce et à Jérusalem. La plupart de ces édifices construits aux XVII-XIX siècles grâce à la générosité des marchands d`Arzamas pourraient rivaliser avec ceux de Moscou. Au XIX-e siècle, il y avait plus de 30 édifices religieux et 4 monastères. Grâce à tout cela et puisqu`il existait des liens très importants avec la capitale russe, on disait souvent: “Arzamas est un petit site de Moscou”
La construction de bâtiments civils de la place Sobornaïa (Place des Cathédrales) présente un intérêt particulier (bât. 3, 4, 16). A l`époque de Catherine II, l`esthétique architecturale des villes provinciales (y compris Arzamas) a connu un renouveau réglementé sur ordre de la tsarine. Ainsi, la ville a reçu le modèle de planification et 224 modèles de bâtiments “classiques” en pierre à suivre. Le centre-ville conserve toujours la marque de cette réglementation. Les deux maisons-jumelles avec des mezzanines des propriétaires Boudiline sont surtout remarquables.
La rue Gostiny Riade qui descend de la place passe pour l`une des plus belles dans la ville. Elle est formée par des maisons à un étage et à façade commune placées en gradins et par de nombreux magasins.
En tournant à gauche, dans la rue Ouritski, vous voyez un beau bâtiment des halles (bât.15) du style classique construit à la limite des XVII-XIX siècles, paré des pilastres ioniques et d`un grand fronton.
Au sommet du mont, à gauche de la rue Ouritski, s`élève la cathédrale la plus ancienne d`Arzamas Spasso-Préobrajénski (de la Transfiguration du Sauveur) qui date de 1643 (4, Arkhivni gorodok). Par le passé, il faisait partie de l`ensemble du monastère pour hommes Spasski (du Sauveur) qui avait été créé pour le baptême de la population.

Suivons la rue Lénine à droite et tournons toujours à droite dans la rue Kosmonavtov.
Dans la partie basse de la ville, on voit des maisons à un étage en pierre qui suivent les constructions-modèles du style classique du début du XIX-e siècle. Ce sont la maison de Sérébrennikov (41, rue Lénine) et celle de Vavine (38, rue Kosmonavtov).
Dans la rue Lénine, se trouve aussi le musée privé “Monde des antiquités”. La famille Balandine rassemblait plus de 20 ans les objets précieux des XVII-XIX siècles.
L`église Ilinskaïa (St Ilia) (1746) abrite le musée de l`histoire et des beaux arts (39a, rue Kosmonavtov). Pour revenir à la place Sobornaïa, prenez la rue Vladimirski.
Par la rue Vladimirski traversons un petit fossé qui était autrefois une vallée qui a été plus tard transformée en cascade d'étangs de la rivière Soroka. Nous arrivons de nouveau à la place Sobornaïa. A droite, c`est la rue pietonne Marx (rue Salnikov par le passé). A son croisement avec la rue Gorki, se trouve le musée mémorial de l`écrivain A.Gaïdar (18, rue Gorki) et son monument (sculpteur Mikhaïl Limonov). Le dernier représente le jeune écrivain âgé de 14 ans partant de la ville natale. A côté, c`est sa maison paternelle où il a vécu dans son enfance (1912-1918), où il est revenue après sa blessure en 1920 et d`où il est parti au front en tant que le plus jeune commandant du régiment de l`Armée Rouge. Gaïdar n`est revenu à Arzamas qu`en 1935, étant déjà un célèbre écrivain, il y a travaillé sa nouvelle “Tasse bleue”.
Dans la rue Marx, vous pouvez admirer la maison du docteur Dorochevski (№12) et la maison- type (№26) construites toutes les deux au début du XIX-e siècle. Ici se trouve encore un musée, celui de M. Gorki (17, rue Marx). M.Gorki, écrivain russe, lorsqu`il était en exil et surveillé par la police, louait un appartement dans la maison de la marchande Podsosova. Ici, il travaillait sa pièce “Les bas-fonds” et les souvenirs de cette période de sa vie ont servi de matériel pour ses œuvres “Les Barbares” (drame), “La ville d`Okourov”, et “La vie de Matveï Kojémiakine” (nouvelles).
Parmi les personnes illustres qui venaient voir Gorki dans cet appartement on peut nommer Léonide Andréev, Stépane Skitalets, Vladimir Némirovitch-Dantchénko. L`écrivain communiquait avec les sociaux-démocrates d`Arzamas. Il a offert une bibliothèque à la ville et a participé à la collecte de fonds pour la construction de canalisation dirigée par son ami, le prêtre Fedor Vladimirski.
Au croisement avec la rue Stoupine, il y a un square au milieu duquel se dresse le monument de Marx réalisé par le sculpteur M. Limonov.
Dans l`ancien bâtiment du séminaire (actuellement, l`Université pédagogique Gaïdar, 36, rue Marx), en 1918, était installé l`état-major du front Est de l`Armée Rouge, commandé par I.Vatsétiss et puis par S.Kaménev. Devant ce bâtiment, vous voyez le buste de Gaïdar. La flèche de voûte représente le Patriarche Serguï Stargorodski, originaire d`Arzamas.
Serguï (Stargorodski Ivan Nikolaïévitch (1867-1944) était Patriarche de Moscou et de toute la Russie. Né dans une famille religieuse, il a fait ses études au séminaire de Nijni Novgorod, puis à l`Académie ecclésiastique de St Pétersbourg. Moine, il a travaillé dans la Mission orthodoxe au Japon; prêtre, il a servi à bord du navire “Pamiat’ Azova” (“Mémoire d`Azov”). De retour en Russie, il est reparti en Grèce et de nouveau, au Japon. En 1901, il est devenu président de l`Académie ecclésiastique de St Pétersbourg et on lui a conféré la dignité d`évêque. En 1905, il était archevêque de la Finlande et de Vyborg, en 1911 - membre du Synode, de 1917 à 1924- métropolite de Nijni Novgorod. Après le décès du Patriarche Tikhone, il s`est mis à la tête de l`Eglise russe. Dans l`époque particulièrement dure pour l`église, celle de répressions et de schisme, Serguï Stargorodski a fait tout son effort pour sauvegarder l`église orthodoxe dans le pays des Soviets. Au début de la Grande Guerre Nationale, il a appelé les croyants à la défense de la Patrie. Le 8 septembre 1943, Serguï Stargorodski a été nommé Patriarche. Il nous a laissé un héritage littéraire bien précieux: études théologiques, articles, sermons, lettres.

La rue Marx donne sur la rue Kalinine. A gauche, on voit un château d`eau (1900), tout droit - une salle de spectacle. En contournant la dernière du côté gauche, on entre dans le parc Gaïdar. Là, on peut voir le monument de A.Gaïdar (sculpteur Y. Stroutchkov) et le monument à la gloire de la jeunesse d`Arzamas (sculpteur M. Limonov).
Par l`allée gauche on va à la place du 1-er Mai. Une filiale de l`Université technique de Nijni Novgorod s`y trouve. Le bâtiment de l`hôpital Vladimirski commence la rue Kirov qui vous conduira à la place Sobornaïa.
Sur la place Pouchkine se dresse le monument du grand poète russe (sculpteur V.Klykov, 1999) qui a été de passage dans la ville. Derrière le monument, on voit la bibliothèque de ville (9, rue Svobody) et en face – le Théâtre de jeune spectateur.
Dans le quartier suivant, par la rue Stoupine ( à gauche) sortons sur la place Gagarine. Au milieu, dans le square, on voit le monument du peintre et enseignant Alexandre Stoupine (sculpteur V. Bobrov, 1959). Pas loin de la place, subsiste de nos jours un coin de constructions en bois qui magnifestent de façon spectaculaire les marques des modèles classiques du début du XIX-e siècle. Jetons un coup d`œil sur les maisons (21, rue Sovetskaïa; 10, quai Verkhniaïa (quai Supérieur)), sur la maison de Tverdov (12, quai Verkhniaïa), sur la maison de Bessonova (14, quai Verkhniaïa), la dernière a été probablement visitée par Pouchkine. Au croisement des rues Sovetskaïa, du 1-er Mai et Gorki on peut voir le monument de Gorki (sculpteur M. Limonov).
De la place Gagarine, en autobus №1, vous pouvez arriver dans la partie nord de la ville où se situent le Square de la Mémoire et la gare Arzamas-1 (5-e arrêt). Cet endroit garde la marque tragique des événements de 1988 quand l`explosion d`une rame a emporté les vies d`une centaine d`habitants. A l`emplacement du quartier détruit, vous voyez aujourd`hui le square abritant le monument en mémoire des victimes de cette tragédie qui a bouleversé toute la Russie.

En passant par le quai Verkhniaïa (quai Supérieur) vers la place Sobornaïa, on admire les horizons qui se déploient à perte de vue sur la rive haute de Técha. Prêtez votre attention aux pentes vagues à quelques kilomètres au sud. Ce sont “Ivanivskié bougry”, le lieu d`exécution des paysans insurgés en 1674 (l`époque connue comme “émeute de Razine”). Au XIX-e siècle, s`y trouvaient encore les fosses de 11 mille exécutés que V.Korolénko a décrites dans son essai “Petite ville de Dieu”.
Sur l`autre rive de Técha, on distingue bien le dôme dominant et quatre colonnades de la cathédrale Smolénski (1815), le clocher à tente (1721) et la banlieue Vyézdnoïé.

Le village Vyézdnoïé a été fondé en 1552 par Ivan le Terrible comme avant-postes des terres mordves nouvellement rattachées à l’état de Moscou. Au XVII-e siècle le village est devenu la propriété du boyard Morozov. Plus tard, le village a appartenu au comte Saltykov. Depuis 1981, Vyézdnoïé est une grande cité ouvrière (8,2 mille habitants).
La curiosité principale du village est l’église de l’icône de Sainte-Vierge “Odiguitry” de Smolensk bâtie en 1815 (Tel. 4 02 47). Outre l’icône dont le nom porte l’église on y découvre le tableau “Crucifixion” attribué au grand peintre espagnol Murillo.
La route de Vyézdnoïé à Divéévo (60 km environ) passe parmi les steppes et les champs et n’offre pas de variété des paysages. Tantôt elle monte et nous permet de découvrir les étendues infinies, tantôt elle redescend dans des vallées et des ravins larges et longs.
Après le village Vyézdnoïé, au bout de 20 km vous entrez dans le village Orékhovets. En 1818-1826, le décembriste F.Chakhovski y a vécu. Il a été arrêté comme criminel d'Etat exilé à Touroukhansk où il est devenu fou. Il a passé ses derniers jours dans un des monastères de Souzdal.
A mi-chemin d’Arzamas à Divéévo (après le village Vériakouchi) il y a un tournant vers Pervomaïsk. En suivant cette direction, au bout de 13 km, vous vous trouverez dans le village Bolchoï Makatéliome. Son propriétaire était A.Karamzine, écrivain et industriel, le fils de l’historien connu. Le parc avec un étang subsiste depuis le XIX-e siècle.
En face, il y a le village Rogojka. Dans le parc seigneurial, on voit la tombe de A.Karamzine et de sa femme.
Là, la route tourne vers Chatki. Par cette route vous arrivez à Poniataevka, un ancien village mordve du district Chatkovski (19 km de Bolchoï Makatéliome et 18 km de la station ferroviaire Chatki). Ce village permet aux curieux de découvrir l’ensemble du monastère pour femmes Sérafimo-Poniataevski institué en 1868 à la base de la communauté de femmes organisée par E.Koptéva, fille du général-major, en 1864. Cette communauté avait été organisée en mémoire du vénérable Sérafime Sarovski. Ce monastère abritait l’icône miraculeuse du Signe de croix de la Sainte-Vierge peinte en 1879 par la sœur Klavdia Volochnikova. Le 14 mai 1885, cette icône a révélé le rayonnement miraculeux de l’image de la Sainte-Vierge et le mouvement de ses yeux. Depuis lors, beaucoup de guérisons miraculeuses se sont produites grâce à l’icône. Le monastère possédait une hôtellerie à Nijni Novgorod et Vvédénski skit situé à 15 km de Sarov. Le monastère était reconnu pour sa broderie et sa peinture d’ icônes.
Dans le village Souvorovo qui est à 15 km de Divéévo, on peut voir l`église Ouspénskaïa (de l`Assomption) bâtie en 1849. Dans cette église, on peut exprimer son adoration auprès les reliques de Ste Evdokia, Ste Daria, Ste Maria. Dans le village Elizariévo, situé à 8 km de Souvorovo, on peut visiter l`église Nikolskaïa (St Nicolas) qui date de 1821. Elle est considérée comme un monument d`architecture.